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François Fillon aurait annoncé: « OK cette fois c’est vraiment vrai si je vais en prison je renonce à me présenter aux élections »

Sérieux il se passe quoi en France sur les élections? Ceux qui se veulent garants de la probité nous la font à l’envers? Et ceux qui sont poursuivis depuis des années adoptent le même ton? Depuis l’étranger et depuis 2 ou 3 semaines, on voit défiler des articles dans lesquels les politiques sont incriminés et ont tous la même défense : « c’est du harcélement, c’est du ciblage, c’est honteux, c’est lamentable, heureusement que les français sont trop intelligents pour se faire berner et croire à ces balivernes ».

Prenez Patrick et Isabelle Balkany, on parle de possession de comptes offshore, de blanchiment de fraude fiscale aggravée, sa gestion de la ville (Levallois Perret) est épinglée,  il y a des possessions douteuses ou non déclarées, des villas, usage privé de fonctionnaires, son nom apparait lié à l’affaire Bygmalion, bref une floppée de casseroles.  Regardez des vidéos de ses conseils municipaux, c’est honteux la façon dont il traite l’opposition, honteux mais guère surprenant il a passé tellement de temps dans les sphères du pouvoir qu’il se croit intouchable et dans la parfaite légitimité. Et c’est ce qui est inquiétant, le fait qu’il puisse accumuler tant d’affaire et continuer sereinement son mandat de maire de Levallois. Et qu’ont prétendu les époux Balkany? Que ce sont des attaques d’une « rare violence ». Ce sont les médias les coupables, pas eux, bien sûr.

Même chose pour le candidat François Fillon, il se faisait garant de la probité et de l’intégrité, on découvre que sa femme a été attachée parlementaire, payée une fortune sans une trace de sa production, l’enquête dira si oui ou non c’était justifié mais chaque jour ajoute des éléments accablants. On a découvert ensuite qu’il avait aussi embauché ses enfants soit disant parce qu’ils étaient avocats alors qu’ils ne l’étaient pas encore, et sa communication est extrêmement désagréable pour un citoyen lambda car là encore on est dans le registre du politique paternaliste prenant de haut le citoyen:

  • A propos de l’embauche de sa femme et ses enfants il déclare qu’il a voulu confier la tâche à des personnes en qui il pouvait faire confiance et sur les compétences desquelles il pouvait compter. Donc on ne fait confiance qu’à la famille? Et en fait de compétences, quelles sont les compétences si précieuses que sa femme possède qui ont fait qu’une fortune en argent public lui soit attribuée?
  • François Fillon s’est également défendu sur l’embauche des membres de sa famille en avançant que tous les députés le font! Attendez il a commencé sa campagne en étant le chevalier sans affaires, et il candidate pour la plus haute fonction de l’Etat, je n’attends pas de mon président qu’il trempe dans des affaires juste parce que « madame c’est pas juste tout le monde le fait pourquoi pas moi »? Un potentiel président doit donner le la, montrer l’exemple.
  • Ce que je trouve inacceptable en tant que citoyen, ce sont ses excuses qui n’en sont pas: Il présente ses excuses pour avoir employé sa femme et ses enfants, car il « privilégié la relation de confiance, c’était une erreur ». Point. Vous la voyez l’excuse? L’explication? En fait il tourne même ça à son avantage, il a privilégié le lien de confiance, mais n’importe quoi, il a privilégié l’utilisation des deniers publics pour sa famille, il pourrait au moins dire clairement qu’il a détourné de l’argent public! Car il peut y avoir bénéfice du doute, s’il emploie sa famille sur la base des compétences, je ne dis pas, après tout la famille ou un autre, ça peut être discutable, mais si la production, la qualité, le rendu est le même qu’avec un autre pourquoi pas. Mais il ne défend même pas ce point, il n’a pas attaqué en justice les médias pour diffamation, je serais donc tenté de croire qu’il n’y a pas eu de production de la part de sa femme, d’ailleurs même elle l’avait dit dans une interview, elle n’était pas attachée parlementaire! Sauf qu’elle en a touché le salaire.
  • Il avait annoncé avant la primaire que s’il y avait des soupçons il se retirait de la course. Puis une fois les soupçons apparus, il avait annoncé que s’il était mis en examen, il se retirerait de la course à la présidence. Et maintenant qu’il a été convoqué par la justice, il a annoncé… qu’il se maintenait dans la course. La prochaine étape, c’est d’annoncer qu’il songera peut être à l’éventualité de se retirer s’il est incarcéré?

Je termine avec l’exemple de Marine Le Pen, elle aussi visée dans le cadre d’embauche d’assistant parlementaire (une assistante parlementaire qui aurait en fait travailler pour la permanence de son parti), là aussi la procédure suit son cours, sauf que ce qui est saisissant encore une fois dans ce contexte, c’est l’attaque de la politicienne: dans ses propos apparaissent les mots de violation de justice, expliquant que les français sauront juger les vraies affaires (de François Fillon par exemple).

C’est donc une vraie cour d’école, les politiques sont donc tous à crier haut et fort que c’est une honte, c’est lamentable de s’en prendre à eux alors que leurs collègues agissent tous mal de même! Plus jeune je songeais aux politiques comme une classe à part, dévoués, habités d’un même fantasme celui d’être disposé à servir l’état sans profiter de ses fonctions, sans dépasser ses prérogatives. J’imaginais que c’était un appel, une illumination, une révélation qui te conduisait à cette carrière. Le problème quand tu vois les trois que j’ai cités plus haut et qui sont loin d’être les seuls, c’est la durée de vie des politiques, et c’est un problème difficile: L’expérience en politique est une valeur ajoutée considérable, mais j’ai l’impression qu’elle s’accompagne d’une baisse de scrupules, une baisse d’exigence de probité, plus ils baignent dans ce milieu, moins regardants ils se montrent face à quelques incartades. Et plus les années passent, plus c’est l’escalade, et ensuite il suffit de crier au complot.

En tant que citoyen, je trouve ce foutage de gueule révoltant. Mais Charles Pasqua avait donné la clé: « Quand on est emmerdé par une affaire il faut susciter une affaire dans l’affaire »

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